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Miami 5,000 km2 & 3 millions d'habitants
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DE MIAMI -
MIAMI LE NOUVEL ELDORADO (suite) : Comme la plupart des banques,
c'est pour les millionnaires d'Amérique latine que la BNP est venue à Miami.
Brickell Avenue bénéficie en effet d'un statut de quasi-paradis fiscal où
les banques étrangères peuvent pratiquement offrir les mêmes avantages que
les banques off-shore des Caïmans à condition de ne pas avoir de clients
américains. «90% de notre clientèle est latino-américaine et 10% européenne
ou asiatique, confirme Denis Madaule. L'offre BNP Suisse est la plus prisée
sur l'Amérique latine.» Selon une étude citée par les banquiers locaux, les
fortunes d'Amérique latine gérées à l'étranger atteignaient 330 milliards de
dollars en 1995, dont 50% abrités en Suisse et 32% aux Etats-Unis
Quand les hommes d'affaires passent, le commerce suit - Si l'argent vient à
Miami c'est qu'il est facile de s'y rendre. Avec 34,5 millions de passagers
transportés en 1997, Miami est devenu le second aéroport international des
Etats-Unis. Ses 150 lignes aériennes desservent 185 destinations dans le
monde et offrent en moyenne 1 460 vols quotidiens, soit environ un par
minute.
Cette ville est la seule au monde à relier quotidiennement les principales
métroples d'Amérique latine. «Quand nous étions à Mexico il n'y avait pas de
vols directs réguliers vers l'Argentine ou le Brésil et l'on était obligé de
passer par Miami pour aller en Colombie, au Venezuela ou en Amérique
centrale», explique Patrick Cerceau, directeur général d'AXA Ré Latin
America, qui a déménagé son siège à Miami au début de 1997. Cette commodité
des transports attire aussi les visiteurs. «Quand j'étais à Caracas j'ai du
recevoir cinq clients étrangers en dix-huit mois, depuis que nous sommes
basés à Miami j'en reçois trois par semaine», résume Clément Jourdain,
directeur de la succursale de réassurance des Mutuelles du Mans pour
l'Amérique latine, qui a installé son siège dans le quartier historique de
Coral Gables en mars 1996. Quand les hommes d'affaires passent, le commerce
suit. Miami revendique le rang de premier aéroport de fret des Etats-Unis,
et troisième du monde, avec 1,8 million de tonnes de marchandises
transportées par an.
Miami Free Zone : La ville offre également des zones franches qui permettent
de réexporter des marchandises, ou de les vendre en duty-free aux étrangers,
sans passer par les douanes américaines. La première, Miami Free Zone,
occupe plus de vingt hectares d'entrepôts à l'ouest de l'aéroport tandis
qu'une nouvelle zone franche vient d'être aménagée sur plus de 5 hectares à
deux kilomètres du port. Sanofi Beauté, troisième groupe mondial de parfums
et cosmétiques, a implanté en mars 1995 son centre de distribution pour
toutes les ventes duty-free des Etats-Unis et des Caraïbes à Miami. Parmi
les marques de luxe françaises ayant une filiale de distribution à Miami
figurent également Les Must de Cartier ou Bell & Ross, un petit fabricant de
montres qui réalise 65% de ses ventes aux Etats-Unis et dont Chanel vient
d'acheter 30% du capital.
La fièvre des duty-free doit beaucoup au tourisme de croisière, dont Miami
détient le record mondial. Avec 3,2 millions de passagers embarquant chaque
année sur un paquebot de rêve, le Miami Seaport revendique 40% du marché sur
la planète bleue. Une aubaine inespérée pour la construction navale.
«L'industrie des croisières progresse d'environ 8% par an depuis quinze ans,
se réjouit Jacques Renaud. Cette activité génère près de 5 milliards de
dollars par an pour le comté de Miami.» Coup sur coup, la filiale de GEC
Alsthom a reçu fin janvier six commandes fermes et deux options pour la
construction de bateaux dont la valeur est estimée entre 300 et 350 millions
de dollars chacun. «De quoi assurer des millions d'heures de travail
jusqu'en 2001 pour les 4300 ouvriers des chantiers de Saint Nazaire et pour
les dizaines de milliers d'employés de nos 1100 sous-traitants», estime
Jacques Renaud, dont la mission à Miami est surtout d'assurer le service
après-vente auprès des armateurs.
L'explosion démographique est une aubaine
Si l'argent coule à flot dans les coffres de Miami c'est que les
latino-américains s'y sentent chez eux. D'abord parce que Miami est une
ville d'Amérique latine. «Ce n'est pas un snobisme, c'est la réalité, au
bureau on ne parle qu'espagnol», avoue Clément Jourdain. Plus de 50% des 2,2
millions d'habitants du comté de Miami sont d'origine hispanique, dont près
de 600 000 Cubains. Du coup, les latino-américains ont tous des attaches
ici, qui des parents, qui un pied-à-terre, un fils étudiant ou un compte en
banque. «Dans certains pays il peut être dangereux d'afficher sa richesse,
alors ils viennent ici montrer leur Rolex ou leur Porsche», résume un
banquier. Du coup les Mercedes, Jaguar et BMW sont trop courantes pour se
faire remarquer sur Ocean Drive, la promenade des Anglais de South Beach.
Rolls et Ferarri sont à peine plus rares.
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